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بسم الله الرّحمن الرّحيم
Il n’est guère utile, aux yeux de ceux qui connaissent les réalités de l’islam, de rappeler que les musulmans constituent une même communauté. De tels propos paraîtraient même comme des banalités dans lesquelles il convient de ne pas verser, tant cela fait partie des évidences établies par l’islam, tant cela fait partie des choses nécessairement connues de la religion, dont nul croyant ne peut douter, et que nul musulman ne peut remettre en cause. Toutefois, nous vivons l’âge de la singularité de l’islam [1] ; ses réalités y sont devenues singulières, si bien que leur énoncé nécessite quelque introduction pour atténuer leur singularité. Nous avons même besoin de les expliquer, de prendre leur défense sans relâche. Il est même indispensable qu’un groupe parmi nous se fasse un devoir d’y appeler, et d’y inviter les gens, faute de quoi l’islam n’aura aucune dignité et les musulmans n’auront aucun poids. Parmi les vérités établies, il est en effet celle qui stipule que ce qui relèvera les générations postérieures de cette communauté n’est autre que ce qui a servi à relever les générations antérieures. Elle ne saura retrouver son passé glorieux et honorable que lorsqu’elle réunira les prémices de ce passé. Cette communauté n’aura aucune puissance sauf à puiser dans l’aube de son histoire la force et la foi, et dans sa religion la force et la constance. Cela se réalisera lorsque ses contrées et ses individus seront réunis autour d’un principe unificateur dont nul ne départira ni ne divergera.
Si par le passé nous péchâmes par négligence, nous nous devons de nous réveiller à présent. Car notre négligence eut pour effet que des loups humains nous dévorèrent, contrée après contrée, et notre succession fut ouverte de notre vivant, si bien que les autres s’accordaient ou divergaient sur notre affaire, tandis que nous nous tenions complètement impuissants. Nos ennemis furent consultés à notre sujet alors que nous observions en toute soumission ce qui adviendrait de nous sans point nous battre. Tandis qu’ils amassaient leurs épées, nous les regardions briller sans penser qu’elles seraient orientées, avant tout, spécifiquement contre nous. |