Permettez-moi de
vous recommander comme je le fais pour moi-même la crainte d'Allah et d'agir
sérieusement en vue d'améliorer l'accomplissement de notre prière et de fournir
l'effort nécessaire en vue de la réformer et de la maintenir bonne et parfaite.
En effet ce sera la première action sur laquelle nous rendrons des comptes le
Jour dernier. Et si elle est bonne toutes nos actions le seront, par contre si
elle est mauvaise, que Allah nous en préserve, toutes nos actions le seront…
Que notre plus grand souci soit d'en prendre soin et de la perfectionner car
elle est un cadeau qu'a offert Allah à la communauté de Son Prophète depuis
plus haut que les sept cieux et car elle est notre relation avec Allah, notre
Seigneur qui nous a créés, nous a dessinés et fait bouger nos paupières et qui
a fait battre nos cœurs et fait fonctionner notre respiration. C'est dans la
prière que nous nous exposons à Sa miséricorde, et c'est durant la prière que
nous Le sollicitons pour nos affaires et besoins. Que l'on sache que notre prière
est de notre part chez Allah ce que nous faisons de plus important et de plus
cher. Qu'on la considère par vénération à Lui soubhaanah et par
exaltation de Ses injonctions et de Ses limites sacrées. Allah dit en effet ce
qui signifie : 30Voilà [ce qui doit être observé] et quiconque pend en
haute considération les limites sacrées d'Allah cela lui sera meilleur auprès
de son Seigneur…[1] Et Il dit aussi : 32Voilà [ce qui
est prescrit]. Et quiconque exalte les injonctions sacrées d'Allah, s'inspire
en effet de la piété des cœurs.[2]
[1] De sourate Al-Hadjj (le pèlerinage). Sourate
22. Même traduction.
Il est
indispensable pour nous que notre prière devienne un repos pour nos cœurs et
nos corps et que nous ne la quittions que revigorés et contents. Et il est
indispensable pour nous qu'elle devienne sérénité et quiétude pour nos cœurs et
que nous ne la finissions qu'en ayant la certitude al-yaqiin. Et il est
indispensable pour nous qu'elle devienne pour nous une lumière avec laquelle
nous nous guidons dans notre vie et nous rencontrons notre Seigneur et qu'elle
ne nous rajoute que piété et vigilance et recul devant les limites sacrées
d'Allah nous interdisant de les transgresser… Si ce n'est pas le cas, alors
notre prière présente certainement une tare et un manque que nous devons
absolument y remédier avant notre mort. En effet, la prière est évocation
d'Allah qui dit dans Son Livre : 14Certes, c'est Moi Allah : point de divinité que Moi.
Adore-Moi donc et accomplis la Salaat pour te souvenir de Moi.[1]
Et Il dit aussi ce qui signifie : 28ceux qui ont cru et dont les cœurs se tranquillisent à
l'évocation d'Allah». N'est-ce point par l'évocation d'Allah que se
tranquillisent les cœurs ?[2]
Aussi le Prophète a bien dit à Bilel ibn Rabaah son chargé d'appeler à la
prière : Repose nous par elle ô
Bilel !(hadith rapporté par Abouu
Daaoud). Et
Allah dit à son sujet : 45Récite ce qui t'est révélé du Livre et accomplis la
salaat. En vérité, la Salaat préserve de la turpitude et du blâmable. Le rappel
d'Allah est certes ce qu'il y a de plus grand. Et Allah sait ce que vous
faites.[3]
Et le Prophète la décrit dans ce sens lorsqu'il dit ce qui signifie : …et la prière est lumière…(hadith rapporté par Mouslim entre autres).
[1] De sourate Ta Ha. Sourate 20. Même traduction.
[2] De sourate Ar-Raa'd (le tonnerre). Sourate 13.
Même traduction.
[3] De sourate Al-'Ankabouut (l'arraignée).
Sourate 29. Même traduction.
Le meilleur de
ceux qui se recueillent faisait sa prière concentré et complètement détaché de
ce monde. Il pleurait et on entendait de sa poitrine un bouillonnement comme
celui d'une marmite à cause de ses pleurs. Et un incendie s'est déclenché dans
une maison où était Ali ibn Al-Houssein alors qu'il était en soudjouud.
On lui disait : Ô fils du Prophète d'Allah, il y a le feu ! Mais il
n'a pas relevé sa tête jusqu'à ce qu'il fut éteint. On lui a alors demandé des
explications et il dit : Le feu de l'au-delà m'en a distrait ! Et
quand il faisait ses ablutions il devenait pâle et quand il se mettait debout
pour la prière il tremblait. Et lorsqu'on lui parlait de cela il disait : Mais
savez vous donc devant qui je vais me tenir debout et à qui je vais m'adresser?
Et une enfant d'un des voisins de Mansouur ibn Al-Mou'tamir dit à son
père : Père, qu'est devenu le madrier qui était dressé sur la terrasse de
Mansouur ? Il lui dit : Ô ma fille, c'était Mansouur lui-même qui
priait la nuit !... Et quandIbraahiim Attaymiy faisait son soudjouud il était tel un muret au
point où les oiseaux se posaient sur son dos… Et Ishaac Ibn Ibraahiim
disait : J'entendais l'impact des larmes de Saiid ibn Abdelaziz tombant
sur la natte pendant sa prière…
[1] De sourate Ibraahiim (Abraham). Sourate 14.
Traduction de M. Hamidullah.
[2] De sourate Al-Hadjj (le pèlerinage). Sourate
22. Même traduction.