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AUX VRAIES QUESTIONS LES VRAIES REPONSES
OU LES ENJEUX D'UNE FATWA
C'est la vérité de la palisse comme diraient certains… Mais à regarder de près ce n'est pas si évident que ça. Je me souviens des propos de M. LELIEVRE historien de l'éducation qui disait lors de ses cours que je suivais à la Sorbonne dans mon cursus de licence et maîtrise en sciences de l'éducation : "La science n'a progressé que lorsqu'elle s'est posée les bonnes questions…" Et en matière de problèmes de société, leur résolution passe nécessairement par un énoncé vrai et scrupuleusement fidèle à la réalité des faits sociaux.
Le Livre d'Allah et la Sounna de Son Prophète ont donné aux sciences de l'islam les mécanismes nécessaires à la prise en charge de tout événement inédit ou non. C'est ce qu'on appelle éditer une fatwa. Et le premier écueil qui se dresse devant toute fatwa et surtout lorsque l'événement est sur fond de différend et de conflit entre personnes ou entre groupes de personnes, réside dans les termes de la présentation du problème. C'est pour cela qu'avant de répondre à une demande de fatwa de ce genre, il est impératif d'en connaître le contexte et d'entendre les deux parties se trouvant en conflit. Le Prophète n'a-t-il pas mis en garde contre l'usage éloquent du verbe devant lui afin que par sa permission on prend à tort le droit d'un autre ? N'a-t-il pas annoncé à celui qui le prend ainsi une braise de l'Enfer ?...
Dans notre problème du projet de la construction d'une mosquée aux Ulis, voici comment certains ont présenté les faits afin de recueillir une fatwa sur-mesure qui leur permet de dormir tranquilles et de faire la prière tranquilles. J'ai recueilli cet énoncé suite à un mail ou courriel qu'un frère m'a envoyé le 30/09/2011 pour "me remettre dans le droit chemin" puisque selon lui, la réponse à cet énoncé provient d'une personne qui connaît beaucoup mieux la religion et la loi de l'islam que lui et moi. Je mets en encadré cet énoncé ici exprès comme il m'a été envoyé en arabe pour que ma traduction qui le suit soit la cible visible pour certains qui pourraient me reprendre s'ils y trouvent une quelconque infidélité. J'attire en outre l'attention sur un passage où il y a manifestement une coupure dans le sens complet de la phrase (ligne12 et 13 et ligne 16 et 17 du texte en arabe) peut-être un problème de mise en forme… Et j'attire au passage que l'auteur de cette fatwa est tout simplement…anonyme
بسم الله الرحمان الرحيم السلام عليكم و رحمة الله أتوجه إليكم بهذا السؤال وأرجو منكم ان تأخذوه مأخذ الجد وأن تعطونا الإجابة الشافية لعل
الله ينفع بها المسلمين في هذه المدينة٠ أما السؤال فهو كالآتي٪ أعيش في مدينة فرنسية ضواحي باريس٬ عدد سكانها حوالي ٣٠ ألف نسمة
والمسلمون يشكلون عشر سكانها٠ منذ حوالي ٣٠ سنة حصل المسلمون في هذه المدينة على قاعة للصلاة يؤدون فيها الصلوات المكتوبة و
صلاة الجمعة٠ لا تتوفر في هذه القاعة أدنى الشروط الصحيةأو الأمنية فهي عبارة عن قاعة مساحتها لا تتعدى ٩٠ متر مربع ولا تتسع لأكثر
من ١٥٠ مصليا وتتوفر فقط على ثلاثة نوافذ مجموع مساحتهم واحد متر مربع٠ عانى المسلمون في هذه المدينة من قساوة هذه الظروف و من
قلة المساحة و خصوصا مع تزايد اعداد المصلين إذ أصبحت أعداد كبيرة تصلي في الطرقات أيام الجمعة تحت حر الشمس و قساوة البرد
وقرروا إنشاء جمعية تهتم بالتفاوض مع رئيس البلدية للحصول على قطعة أرضية لبناء مسجد تأسست هذه الجمعية سنة ١٩٩٧ و بدأت
المفاوضات وفي سنة ٢٠٠٢ إقترح رئيس البلدية قطعة أرضية مساحتها ١٥٠٠ متر مربع قوبلت بالرفض من طرف المسؤولين في الجمعية
الذين كانوا يطالبون ب٣٠٠٠ متر مربع٠ أصر المسؤولون في الجمعية على رفض المساحة المقترحة من طرف رئيس البلدية و قرروا أن
يقوموا بمظاهرات أمام مقر البلدية لإرغامه على تغيير موقفه إلا أن موقفه لم يتغير٠ في الشهور الأخيرة لسنة ٢٠٠٤ قام بعض المسلمين
في الجمعية للتعبير عن انزعاجهم و قلقهم على سير المشروع و تردي العلاقات في المدينة بسبب رفض المساحة التي كان يعتبرها كثير من
المسلمين كافية٠ ورغم النصح الذي قدموه إلى المسؤولين في الجمعية لقبول المساحة والتقدم في المشروع إلا أنها باءت بالفشل لذلك أُسس
بعض أعضاء الجمعية الأولى جمعية جديدة سنة ٢٠٠٥ و قامت البلدية بالإعتراف بها وأسندت لها مهمة بناءالمسجد٠ قام هؤلاء الإخوة
المعروفون بصلاحهم وباشتغالهم بالدعوة رغم اختلافهم مع إمام المسجد بقبول المساحة المقترحة من رئيس البلدية وإمضاء عقد كراء الأرض
وأسسوا قاعة للصلاة فوق أرض المسجد فقام إمام الجمعية الأولى بإصدار فتوى تحرم علينا الصلاة في هذه القاعة الجديدة ووصفها بأنها
مسجد ضرار واعتبر إمام الجمعية الأولى أن أعضاء الجمعية الثانية خونة ومجرمين و خارجون عن طاعة الإمام (
أما الإمام فلا يحمل إجازة في اللغة العربية ولا في أصول الفقه ولا في أصول الحديث ولا في النحو ولا في المنطق و إنما له إجازة في
قراءة القرآن و حامل لكتاب الله ) مع العلم أن الجمعية الجديدة قد بدأت أشغال بناء المسجد بفضل المجهودات الجبارة في جمع الأموال و
الحصول على جميع التراخيص الإدارية٠ أما سؤالي فهو ما حكم الصلاة في المسجد المقام فوق القطعة الأرضية المخصصة لبناء المسجد
الكبير (في زاوية منه) وما حكم الصلاة في المسجد الكبير عند إتمام بنائه٠ والسلام٠ أفيدونا أفادكم الله٠
الجواب
الحمد لله:
جعل الله عز وجل الأرض مسجداً وطهوراً للمسلمين, وبما أن الأمر قد تم بشكل قانوني فلا حرج عليكم في الصلاة في أي من المسجدين,
فيجوز لكم الصلاة في القاعة الصغيرة، كما يجوز لكم الصلاة في المسجد الصغير في زاوية الأرض وفي المسجد عند إتمام بنائه, ولا يجوز
لأحد إصدار فتوى بتحريم الصلاة في بيت من بيوت الله، فمسجد الضرار هو الذي أقيم (ضِرَارًا وَكُفْرًا وَتَفْرِيقًا بَيْنَ الْمُؤْمِنِينَ وَإِرْصَادًا لِمَنْ
حَارَبَ اللَّهَ وَرَسُولَهُ مِنْ قَبْلُ) التوبة/108، وهذه أمور لا تنطبق على مسجدكم. والله أعلم
.
Bismillahir-rahmanir-rahim, assalamou alaykoum wa rahmatoullah.
Je m'adresse à vous par cette question et je vous prie de la prendre en considération et que vous nous en donniez la réponse apaisante dans l'espoir que Allah en fasse profiter les musulmans dans cette ville. Quant à la question elle est la suivante :
Je réside dans une ville en France dans la banlieue parisienne. Elle compte 30000 habitants environ et les musulmans représentent le dixième de ce nombre. Depuis environ 30 ans, les musulmans ont acquis dans cette ville une salle de prière dans laquelle ils accomplissent les prières obligatoires et la prière du vendredi. Dans cette salle aucune condition ni d'hygiène ni de sécurité n'est satisfaite. Elle est plutôt une sorte de salle dont la superficie ne dépasse pas 90m2
et elle ne suffit pas à plus de 150 personnes. Et elle ne dispose que de 3 fenêtres dont la surface
totale est de 1m2. Les musulmans dans cette ville ont souffert de la pénibilité de ces conditions et
surtout de l'exigüité du lieu suite à l'accroissement du nombre de fidèles au point où foule d'entre eux fait la prière du vendredi dans la rue sous la chaleur du soleil et la dureté du froid. Ils ont alors décidé de fonder une association qui s'occupe à négocier avec le Maire pour obtenir un terrain afin d'y construire une mosquée. Cette association a vu le jour en 1997 et les négociations commencèrent en 2002 .M. Le Maire proposa un terrain de 1500m2 de surface et cette superficie
fut refusée par les responsables de l'association qui exigeaient 3000m2. Ces responsables ont
insisté dans leur refus de cette superficie proposée par le Maire et ont décidé d'organiser des manifestations devant les locaux de la Mairie pour contraindre le Maire à changer sa position. Sauf que sa position demeura inchangée. Dans les derniers mois de l'année 2004 certains musulmans ont manifesté leur gêne et leur inquiétude quant à l'évolution du projet et la détérioration des relations dans la ville à cause du refus de la surface que beaucoup de musulmans jugeaient suffisante. Et malgré les conseils qu'ils donnaient aux responsables de l'association à accepter cette surface et poursuivre le projet, ces efforts furent sans succès. C'est pour cela que ces frères, certains faisant partie de la première association, ont créé [une nouvelle association en 2005] et la Mairie l'a reconnue et lui a attribué la mission de construire la mosquée. Ces frères, certains faisant partie de la première association, et connus par leur probité et leur action dans la da'wa et malgré leur divergence avec l'imam, ont accepté la surface proposée par le Maire et accepté de signer un bail de location de ce terrain et y ont érigé une salle de prière posée sur le terrain de la mosquée. L'imam de la première association a alors énoncé une fatwa considérant interdite la prière dans cette nouvelle salle et l'a décrite mosquée dhirar et l'imam de la première association a traité les membres de la deuxième association de traîtres, criminels et sortant de l'obéissance de l'imam (quant à l'imam, il ne possède pas de diplôme ni dans la langue arabe, ni dans les fondements de la jurisprudence, ni dans les fondements du hadith, ni dans la grammaire arabe, ni dans la logique mais il possède un diplôme dans la lecture du Coran et il connaît le Coran). Il faut savoir que l'association nouvelle a commencé les travaux de la construction de la mosquée grâce aux efforts gigantesques dans la collecte des fonds et les autorisations administratives. Ma question est donc : Quel est le statut de la prière dans cette mosquée érigée sur le morceau de terrain réservé à la construction de la grande mosquée (dans un coin de ce terrain) et quel est le statut de la prière dans cette mosquée une fois construite. Wassalam. Faites nous profiter qu'Allah vous fasse profiter.
La réponse :
AlHamdoulillah
Allah a fait que la terre entière soit une mosquée et purification pour les musulmans. Et puisque cette affaire s'est achevée légalement, il n'y a aucune gêne pour vous d'accomplir la prière dans l'une des deux mosquées. Il vous est permis de l'accomplir dans la petite salle comme il vous est permis de l'accomplir dans la petite mosquée dans une partie du terrain et dans la mosquée une fois la construction achevée. Et il n'est pas permis à quiconque l'énonciation d'une fatwa interdisant la prière dans une maison parmi les maisons d'Allah. Car masdjid adh-dirar est celui qui a été édifié (pour en faire un mobile de rivalité, d'impiété et de division entre les croyants, qui la préparent pour celui qui auparavant avait combattu Allah et Son Envoyé) Sourate Attawbah verset 108. Et ces qualificatifs ne sont pas présents dans le cas de votre mosquée. Et Allah est plus savant.
J'avais répondu à ce courriel par une invocation à Allah qu'Il guide nos frères vers ce qui est plus
droit et j'ai bien précisé que c'est cette façon de présenter les faits qui a jeté sur beaucoup un
voile qui les empêche de voir la vérité et de juger avec équité alors que Allah dit précisément ce qui
signifie : 152…Et quand vous parlez, soyez équitables même s'il s'agit d'un parent proche..
(de sourate Al-An'am. S6). C'est tout à fait normal puisque ceux qui racontent l'histoire omettent
délibérément beaucoup de détails dont la connaissance changerait radicalement la conclusion finale
de tout savant qui se proposerait d'analyser cette situation. Et peut-être ce ne sera plus alors leur
prière qui sera remise en cause, mais leur islam tout simplement. En effet celui qui a présenté la
situation a omis et occulté, soit par méconnaissance parce que nouveau dans la ville soit pour faire
vite, des faits graves dont la liste est la suivante et que je présente dans l'ordre chronologique :
Il n'a pas dit que parler du projet de la mosquée était une hérésie dans la Mairie lorsque les
pourparlers ont commencé avec le Maire de l'époque et son équipe municipale, et que dans les
coulisses les responsables de la Mairie refusaient catégoriquement toute discussion sur ce
projet. Il n'a pas dit que la mosquée et ses responsables ont été dès le début dans le
collimateur de la Mairie de l'époque lorsqu'ils ont dit non au dictat de la Mairie et lorsqu'ils ont
osé présenter une liste indépendante dans les élections municipales de 2001, liste qui
décrocha un siège dans le conseil municipal de l'époque. Il n'a pas dit comment le projet de la
construction d'une mosquée aux Ulis devint une réalité incontournable dans la ville et comment
les élus de droite et de gauche se bousculaient dans leurs programmes pour y laisser une ou
deux lignes à ce sujet afin de gagner certains musulmans à leur cause électorale. Il n'a pas
décrit les tergiversations de la Mairie pour freiner sinon bloquer toute perspective dans
l'évolution positive du projet (conditions sur conditions et obstacle sur obstacle) Il n'a pas dit un
mot sur la volonté politique du Maire de l'époque et de son équipe dont la plupart siègent
encore (textes à l'appui) pour contourner l'association de la mosquée en créant une autre
association plus docile. Il n'a pas jugé important de citer bien avant la division finale la tentative
infructueuse (témoins à l'appui) de la Mairie de l'époque de créer une association de
musulmans d'origine subsaharienne justement pour écarter de ce projet les responsables de la
mosquée. Parlant des manifestations, il les a décrites comme des manifestations de refus alors
que refuser ne nécessite pas une quelconque manifestation et qu'ils exigeaient 3000m2 alors
que la demande était de 1800m2 (presse de l'époque à l'appui) c'est-à-dire moins de 300m2 de
plus, ce qui a été donné à El-Andalous plus tard. Bizarre…
Toujours dans ce cadre, il n'a pas expliqué dans sa lettre que ces manifestations et que
continuer à demander plus de terrain étaient décidées par l'ensemble des fidèles et dans la
mosquée à une ou deux voix près et que les éléments qui se sont démarqués par la suite
participaient volontiers à ces manifestations. On ne lui a pas dit que lors de ces manifestations
certains musulmans hommes et femmes se faufilaient dans la Mairie pour exprimer leur
désaccord avec les manifestants et soutenaient la Mairie au lieu de soutenir la cause de la
mosquée. Il n'a pas dit un seul mot sur le référendum de 2005 (10 avril) organisé par
l'association de la mosquée pour mettre fin à la divergence qui s'est établi entre les fidèles concernant l'acceptation ou non de la superficie de 1520m2, et comment les responsables de
la mosquée ont respecté le
résultat de ce référendum. Il n'a pas dit que El-Andalous fut créée officiellement vingt jours
après le référendum de 2005 (30 avril) c'est à dire après la parole définitive de l'ensemble des
fidèles, et qu'elle s'est vue octroyer le projet une semaine (23 avril)avant sa publication sur le
journal officiel. Il n'a pas précisé que El-Andalous a été créée en catimini par une association
mère "Vivre ensemble" créée presque en même temps que sa fille (26 mars 2005) et
comprenant des élus municipaux et qui n'ont rien à voir avec la communauté musulmane de la
ville, justement pour écarter définitivement du projet l'association de la mosquée. Il n'a pas
précisé que parmi ses membres fondateurs, le secrétaire général actuel de El-Andalous fut un
très proche collaborateur du Maire de l'époque et fervent incitateur à la dissidence. Alors qu'il
était conseiller municipal son souhait fut de rejoindre le conseil d'administration de l'association
de la mosquée qui lui a fait clairement savoir que défendre les intérêts de la mosquée prime sur
celui de défendre les intérêts de la Mairie. Il avait alors dit : "moi j'ai choisi mon camp…" Et j'en
passe d'autres plus graves encore… Il n'a pas précisé que lorsque la division fut chose faite
dans le corps des fidèles de la mosquée, celui qui est actuellement à la tête de El-Andalous
ainsi que quelques membres de son bureau qui condamnèrent pourtant d'emblée cette division,
se sont attelés en tant que médiateurs pour concilier entre la mosquée et ses dissidents, et
qu'ils finirent dissidents eux aussi. Et pourtant c'est là que le bât blesse, il n'a pas cru bon de
rappeler dans sa demande de fatwa qu'un nombre plus qu'important de fidèles a
systématiquement boycotté depuis des années la mosquée dans laquelle ils se sont connus et
connu leurs frères et que des musulmans qui se voyaient tous les jours à l'occasion des cinq
prières, ne se rencontrent plus des années durant, ni lors des vendredis ni lors des prières des
Aïd, et même les prières de djanaza se font dans une ambiance de rivalité quand rencontre il y
a et ce depuis des années…
Quant à la présentation de l'imam j'ai cru rêver comme on dit souvent… Mon dossier scolaire et
universitaire serait-il donc tenu à mon insu par leur université ? soubhanallah !… Et mes discours
étant -Allah en soit loué- écrits et archivés, je défie ici quiconque de m'apporter des propos à moi
traitant ces frères de traîtres de criminels et autres qualificatifs… Mais même avec ceci nous disons
encore maalich… qu'ils se réunifient avec l'union des musulmans… et on passe l'éponge. Bien
fraternellement…
Ecrit par Okba CHEKIRI
Imam et khatib de la Mosquée des Ulis
Le 07/11/1432 correspondant au 04/10/2011
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